shly
Commencez ici

Sohly, expliqué simplement

Ce que fait Sohly, et comment on mesure la santé d'une batterie — en langage clair, pour quelqu'un qui découvre le projet.

Pour Toute personne qui découvre le projet Lecture ~5 min Méthodologie complète →

1. Le problème en une phrase

Une voiture électrique, c’est surtout une grosse batterie. Avec le temps, cette batterie s’use — elle retient un peu moins d’énergie chaque année. Le souci : personne ne sait vraiment de combien, et pourtant ça change énormément la valeur de la voiture.

C’est comme une batterie de téléphone après deux ans : elle tient moins longtemps qu’au premier jour. Sauf qu’ici, la « batterie » vaut plusieurs milliers d’euros.


2. C’est quoi le « SoH » ?

SoH = State of Health = État de santé de la batterie.

C’est un pourcentage tout simple :

Pense au SoH comme à la « jauge d’usure » de la batterie. Une batterie neuve est à 100 %. En moyenne, une batterie de voiture électrique perd environ 2,3 % par an. Donc une voiture de 5 ans est autour de 88 %.

Le SoH n’est pas la même chose que la jauge de charge (le « plein » à 100 %). La jauge de charge dit combien il reste dans le réservoir aujourd’hui. Le SoH dit quelle est la taille du réservoir — et cette taille rétrécit lentement avec l’âge.


3. Pourquoi c’est difficile à mesurer

On pourrait croire qu’il suffit de regarder l’autonomie affichée : « la voiture annonce 300 km, donc la batterie va bien ». C’est un piège.

L’autonomie affichée dépend d’un tas de choses qui n’ont rien à voir avec la santé de la batterie :

Ce qui fait chuter l’autonomie Impact
Il fait froid (-7 °C, chauffage allumé) jusqu’à -41 %
Il fait très froid (-18 °C en ville) jusqu’à -59 %
On roule vite (autoroute) -25 à -30 %
Conduite nerveuse, montagne, etc. -10 à -40 %

Autrement dit : une batterie en parfaite santé peut afficher seulement 65 % de son autonomie normale un jour d’hiver sur autoroute. Si on se fiait à ça, on croirait la batterie usée alors qu’elle va très bien.

Le vrai signal qu’on cherche (l’usure, ~2,3 %/an) est minuscule à côté du bruit (le froid, la vitesse, ±30 à 50 %). C’est comme essayer d’entendre un murmure au milieu d’un concert.

Conclusion : on ne peut pas certifier la santé d’une batterie à partir d’une seule mesure ponctuelle. Il faut être plus malin.


4. La stratégie de Sohly

Sohly ne se branche pas sur une voiture à la fois. Il se branche sur des flottes (des entreprises qui gèrent des centaines de véhicules électriques : loueurs, assureurs, gestionnaires de parc).

Ces véhicules envoient déjà en continu leurs données techniques (via un boîtier appelé Geotab). Sohly lit ce flux de données et en tire la santé de chaque batterie. L’idée clé :

Ne jamais se fier à une seule photo. Observer la batterie en train de se recharger, encore et encore, sur de nombreuses sessions.

Selon la richesse des données disponibles, Sohly bascule automatiquement entre trois niveaux de qualité (il choisit tout seul le meilleur possible) :

🟢 Niveau 1 — La « courbe de charge » (le meilleur)

Quand la voiture se recharge, Sohly regarde la forme de la courbe de recharge — comment la tension et le courant évoluent minute par minute.

C’est la partie la plus futée. Une batterie usée se recharge d’une manière physiquement différente d’une batterie neuve : - elle se remplit plus vite (le réservoir est plus petit), - elle « résiste » davantage au courant, - elle chauffe un peu plus.

Ces signes sont des empreintes directes de l’usure — impossible à confondre avec « il fait froid » ou « on roule vite ». C’est un peu comme un médecin qui ne se contente pas de la température mais écoute le cœur : il lit un vrai signal interne.

🟡 Niveau 2 — La « moyenne intelligente » (secours)

Si on n’a pas la courbe complète, Sohly rassemble beaucoup de mesures d’autonomie/charge, jette celles prises par grand froid ou grande chaleur (les jours « piégés » du §3), et fait une moyenne sur ce qui reste. Plus il y a de mesures, plus la moyenne est fiable.

🔴 Niveau 3 — L’« estimation par l’âge » (démarrage)

Pour une voiture qui vient d’arriver et dont on n’a encore rien mesuré, Sohly donne une estimation prudente basée sur la moyenne connue : « une voiture de cet âge est en général à tant de % ». Puis, dès que les vraies données arrivent, il passe au niveau 1 ou 2.


5. La règle d’or : donner une fourchette, pas un chiffre

Beaucoup d’acteurs annoncent « Santé : 87 % ». Ça sonne précis… mais c’est trompeur, car aucune mesure n’est parfaite.

Sohly annonce toujours trois chiffres au lieu d’un :

C’est comme une météo honnête : au lieu de dire « il fera 20 °C » (faux 9 fois sur 10), on dit « entre 17 et 23 °C » — et cette fourchette est juste 90 % du temps, garanti par les maths (une méthode appelée prédiction conforme).

Pourquoi c’est important ? Parce que les clients (assureurs, loueurs) prennent des décisions financières. Un chiffre faux qui a l’air précis coûte cher. Une fourchette honnête, on peut la gérer : on prend le pire cas (P05) pour être prudent.


6. À quoi ça sert au final : des euros, pas des pourcentages

Un gestionnaire de flotte ne se réveille pas en se demandant « quel est le SoH de mon véhicule 147 ? ». Sa vraie question est :

« Si je garde cette voiture 6 mois de plus au lieu de la vendre maintenant, combien je perds ? »

Sohly traduit donc la santé de la batterie en valeur de revente en euros, à plusieurs échéances (3, 6, 12, 24 mois). Puis il donne une recommandation claire :

Pour une flotte entière, Sohly classe les véhicules par « euros en jeu » : le patron voit directement la liste « vends celles-ci en premier », au lieu de lire 200 rapports.

Un petit paragraphe explicatif est aussi rédigé automatiquement (par une IA), mais avec une règle stricte : l’IA n’a pas le droit d’inventer le moindre chiffre — elle ne fait que reformuler des nombres calculés par la partie « sérieuse » du système. Tous les euros sont calculés, vérifiables et reproductibles.


7. Résumé en 6 phrases

  1. Une batterie de voiture électrique s’use lentement (~2,3 %/an) ; sa « santé » est un % appelé SoH.
  2. On ne peut pas deviner le SoH à partir d’une seule mesure : le froid et la vitesse trompent complètement l’autonomie affichée.
  3. Sohly observe donc les batteries en continu, sur des flottes entières, via les données Geotab.
  4. Sa méthode la plus fine lit la forme de la courbe de recharge, qui porte une empreinte directe de l’usure.
  5. Il annonce toujours une fourchette honnête (P05 / P50 / P95) plutôt qu’un chiffre faussement précis.
  6. Enfin, il traduit tout ça en euros et en décisions (garder / vendre) pour les gestionnaires de flotte.

Pour la méthodologie technique complète, voir SOH_METHODOLOGY.fr.md.